nouvelles pièces du Canada

LA COLLECTION PRINTANIÈRE 2011 DE PIÈCES DE LA MONNAIE ROYALE CANADIENNE FOISONNE DE NOUVEAUX THÈMES

La première pièce de collection de la Monnaie à célébrer le Jubilé de diamant de
Sa Majesté la reine Elizabeth II s’ajoute à divers thèmes, notamment les tulipes,
l’églantine, la dryade, les pierres de naissance, « bienvenue parmi nous », ainsi que les
créatures mythiques, les locomotives canadiennes et la célèbre Tour CN du Canada.

OTTAWA, le 27 avril /CNW/ – L’abondance de nouvelles pièces de collection marque véritablement l’arrivée du printemps à la Monnaie royale canadienne. Les produits, qui abordent des thèmes variés et passionnants, dont la monarchie et la flore, l’histoire et les mythes, sauront ravir les collectionneurs et les amateurs d’articlescadeaux partout dans le monde. La nouvelle collection printanière de la Monnaie comprend : une pièce de 20 $ en argent fin sertie d’un cristal marquant le Jubilé de diamant de la Reine (1952-2012); une pièce de 20 $ en argent fin – L’églantine; des pièces colorées de 20 $ en argent fin et de 25 cents – Tulipe; une pièce de 350 $ en or pur – La dryade; une pièce commémorative de 4 $ en argent fin de ½ once – Bienvenue parmi nous; une pièce de 3 $ en argent fin de la série Pierres de naissance; une pièce de 20 $ en argent fin de la série Locomotives canadiennes – D-10; une pièce colorée de 25 cents de la nouvelle série Créatures mythiques – Sasquatch et une carte de collectionneur marquant le 35e anniversaire de la Tour CN.

« La Monnaie royale canadienne s’inspire de la richesse et de la diversité du patrimoine canadien pour concevoir et créer des pièces de collection qui se démarquent sur le plan de l’attrait visuel, de l’excellence artisanale et de l’innovation », explique Ian E. Bennett, président de la Monnaie royale canadienne. « La Monnaie est fière de continuer à offrir aux Canadiens et aux collectionneurs du monde entier autant de moyens d’apprécier la beauté, l’histoire et les traditions du Canada grâce à ses pièces irrésistibles. »

Vous trouverez ci-après la description des produits en vedette ce printemps, à la disposition du public à partir du 2 mai 2011.

PIÈCE DE 20 $ EN ARGENT FIN 2012 – LE JUBILÉ DE DIAMANT DE LA REINE 1952-2012 (SERTIE DE CRISTAL)

Les Canadiens et les sympathisants de la famille royale dans le monde entier peuvent commencer le compte à rebours pour le Jubilé de diamant de Sa Majesté la reine Elizabeth II en se procurant une pièce en argent pur « double effigie », sur laquelle Sa Majesté apparaît telle qu’elle était au début de son règne et comme elle est représentée actuellement sur les pièces canadiennes. Le profil de la jeune reine Elizabeth II conçu par l’artiste Laurie McGraw est illustré au revers de la pièce, ainsi que le double millésime 1952-2012. Un cristal blanc de forme ronde remplace judicieusement le chiffre « 0 » dans « 2012 ».

L’avers de la pièce est l’oeuvre de l’artiste de la Colombie-Britannique Susanna Blunt, laquelle a dessiné l’effigie de Sa Majesté qui figure sur les pièces canadiennes depuis 2003, lancée en l’honneur du Jubilé d’or de la reine Elizabeth II. Le tirage de cette toute nouvelle pièce « royale », qui constitue la première d’une série qui sera produite en l’honneur du Jubilée de diamant de la Reine, est limité à 15 000 exemplaires dans le monde. La pièce est vendue au prix de détail de 104,95 $CAN.

PIÈCE DE 20 $ EN ARGENT FIN 2011 – TULIPE ET COCCINELLE

Un autre élément qui lie le Canada à la royauté et symbolise le printemps est mis à l’honneur avec une pièce en argent pur orné d’une tulipe, représentant plus de 60 ans d’amitié entre le Canada et le Royaume des Pays-Bas. C’est en 1940 que le Canada a offert refuge à la princesse héritière Juliana et, en 1943, elle donnait naissance à la princesse Margriet, le seul membre d’une famille royale à naître en Amérique du Nord. À l’automne de 1945, les Pays-Bas ont envoyé au Canada plus de 100 000 bulbes de tulipes de première qualité en gage de remerciement pour avoir protégé leur princesse héritière et ses filles, de même que pour exprimer leur gratitude envers les soldats canadiens qui ont combattu afin de libérer leur pays durant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, les quelque trois millions de tulipes qui fleurissent au printemps dans la région de la capitale nationale constituent l’élément central du célèbre Festival canadien des tulipes qui a lieu à travers la région de la capitale nationale du Canada, dont on célèbrera le 60e anniversaire en 2012.

La fleur, qui est finalement devenue une partie de l’histoire et de la culture du Canada, est peinte dans des couleurs vives de rouge et d’orangé sur une pièce épreuve numismatique faite d’argent pur à 99,99 %. Conçue par les graveurs de la Monnaie, l’illustration flamboyante de Tulipa Ottawa est agrémentée d’une coccinelle en verre de Murano délicatement fabriquée à la main. Cet insecte coloré, qui trouve souvent refuge dans les larges pétales de la tulipe, marque lui aussi l’arrivée du printemps.

Les coccinelles faites à la main sont de véritables chefs-d’oeuvre miniatures en verre vénitien et ajoutent un élément précieux à chacune de ces pièces d’exception. Le tirage mondial des premières pièces du monde à intégrer le verre vénitien est limité à 5 000 exemplaires et chaque pièce est vendue au prix de détail de 139,95 $CAN.

PIÈCE COLORÉE DE 25 CENTS 2011 – TULIPE ET COCCINELLE

Le lien unique qui unit le Canada et le Royaume des Pays-Bas est également mis en valeur sur une pièce de collection de 25 cents colorée ornée d’une tulipe et d’une coccinelle, oeuvre des graveurs de la Monnaie. Cette pièce surdimensionnée en acier plaqué nickel est présentée dans un feuillet qui raconte l’extraordinaire histoire de la princesse héritière Juliana et de sa famille qui ont trouvé refuge au Canada, en plus de célébrer près de soixante années d’existence du Festival canadien des tulipes, événement de renommée mondiale qui a lieu chaque printemps dans la région de la capitale nationale du Canada. Disponible jusqu’à épuisement des stocks, cette nouvelle pièce de collection est vendue au prix de 24,95 $CAN.

PIÈCE DE 20 $ EN ARGENT FIN 2011 – L’ÉGLANTINE

Les collectionneurs et les amateurs d’articles-cadeaux du Canada et de partout dans le monde sont ravis de la collection grandissante de pièces de collection serties de cristal de la Monnaie, technologie de nouveau mise à profit sur la pièce de 20 $ en argent fin 2011 – L’églantine. Cette fleur, dont la couleur rose pâle ponctue le paysage canadien des Maritimes jusqu’au Nunavut, est artistiquement peinte sur une pièce épreuve numismatique faite en argent pur à 99,99 %. L’ajout de trois éléments Swarovski blancs et transparents donne vie à l’oeuvre de l’artiste Margaret Best. Le tirage de cette pièce étincelante est limité à 10 000 exemplaires et son prix de vente au détail est de 109,95 $CAN.

PIÈCE EN OR PUR 2011 – LA DRYADE

La série Fleurs provinciales a débuté en 1998, et se termine avec une pièce en or pur à 99,999 % d’une valeur nominale de 350 $, arborant une dryade, l’emblème floral des Territoires du Nord-Ouest. La Monnaie fait figure de pionnière sur la scène internationale en matière d’affinage de l’or pur 99999, et elle est fière d’avoir concrétisé cette innovation avec la première pièce de cette exceptionnelle série. Le revers de cette pièce exceptionnelle a été conçu par l’artiste Caren Heine. Le tirage mondial de la pièce est limité à 1 300 exemplaires et son prix de vente au détail est de 2 799,95 $CAN.

PIÈCE COMMÉMORATIVE EN ARGENT FIN DE ½ OZ 2011 – BIENVENUE PARMI NOUS

Au printemps, la nature reprend vie, et la Monnaie est heureuse de profiter de cette saison pour lancer une pièce commémorative en argent soulignant le plus beau des trésors de la vie : la naissance d’un enfant. Frappée dans ½ once d’argent pur à 99,99 %, cette pièce est ornée d’une fine gravure des pieds d’un nouveau-né, à peine arrivés dans ce monde encore inconnu. La pièce est accompagnée d’un certificat d’authenticité en couleur. Il a été spécialement conçu pour être personnalisé à l’aide d’un message commémorant le plus précieux des événements.

Le tirage mondial de cette pièce est limité à 10 000 exemplaires et le prix de vente au détail de ce précieux souvenir est de 59,95 $CAN.

PIÈCE DE 3 $ EN ARGENT FIN 2011 – COLLECTION PIERRES D’ANNIVERSAIRE

Grâce à la nouvelle série de pièces en argent fin de la Monnaie sur le thème des pierres d’anniversaire, la naissance d’un enfant, l’anniversaire d’un être cher ou encore votre propre anniversaire peut être souligné avec une somptueuse nouvelle pièce de collection sertie d’un cristal. Douze pièces différentes en argent pur à 99,99 % sont proposées, chacune incrustée, au centre du revers, d’un cristal Swarovski imitant la teinte d’une gemme entourée de douze magnifiques pétales de fleur. Chaque couleur correspond à une pierre d’anniversaire qui, depuis les débuts de la civilisation, a été associée à certains traits de personnalité et dotée d’une signification astrologique. Cette élégante pièce de collection, une excellente idée-cadeau qui revêt un cachet tout personnel, est frappée sur demande. Son prix de vente au détail est de 64,95 $CAN.

PIÈCE DE 20 $ EN ARGENT FIN 2011 – SÉRIE DES LOCOMOTIVES CANADIENNES : D-10

La série de la Monnaie commémorant les plus belles locomotives de l’« âge d’or » des chemins de fer du Canada arrive en gare terminale. La dernière pièce de la série Locomotives canadiennes illustre la D-10. Cette bête de somme des services ferroviaires canadiens est immortalisée sur une pièce de 20 $ en argent pur à 99,99 %. La D-10, dont le nom est gravé sur la tranche unie de la pièce, était connue pour sa conception simple et son efficacité. Entre 1905 et 1913, 502 locomotives de ce type ont circulé sur les rails entre la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique.

Le tirage mondial de cette dernière pièce d’une série de quatre est limité à 10 000 exemplaires et son prix de vente au détail est de 79,95 $CAN.

PIÈCE DE 25 CENTS COLORÉE 2011 – CRÉATURES MYTHIQUES DU CANADA – SASQUATCH

Le folklore est une partie intrigante et amusante de la culture populaire, et le Canada a beaucoup de mythes et légendes à partager avec le reste du monde. Cette année, trois créatures mythiques canadiennes, dont la rumeur de l’existence court depuis bon nombre de générations, orneront les nouvelles pièces colorées de 25 cents en acier plaqué nickel de la Monnaie. Cette amusante série commence avec le Sasquatch, un homme-singe légendaire qui, dit-on, erre dans les forêts canadiennes, de la Colombie-Britannique jusqu’au Yukon, en passant par le nord de l’Ontario. Les jeunes collectionneurs et même les cryptozoologues avertis (ceux qui recherchent les animaux dont l’existence n’est pas prouvée) vont s’émerveiller devant la création de l’artiste Emily S. Damstra d’une vue plongeante du Sasquatch errant dans un décor hivernal et laissant dans la neige ses énormes empreintes; meilleures preuves de l’existence de cette créature insaisissable.

La pièce Sasquatch est présentée dans un magnifique livret illustré rempli d’information et racontant l’histoire et le rôle du légendaire homme-singe au sein du folklore d’autres cultures, où il est également appelé Bigfoot ou Yeti. La partie amovible du livret comporte une description du Sasquatch ainsi qu’une carte retraçant les derniers endroits où il a été vu. Cette pièce, vendue jusqu’à épuisement des stocks au prix de 24,95 $CAN, sera suivie des pièces ornées de deux énigmatiques créatures aquatiques : le monstre du lac Memphré, au Québec, et Mishepishu, des légendes du peuple algonquin. Une façon amusante de commencer une collection ou d’offrir un cadeau unique. Capturez vite ces trois pièces avant qu’elles ne disparaissent à nouveau.

CARTE DE COLLECTION 2011 – TOUR CN

La Tour CN a pendant longtemps été la plus haute structure autoportante du monde. Elle célèbre en 2011 son 35e anniversaire. Cette merveille d’ingénierie canadienne, qui continue à dominer l’horizon de Toronto, est mise à l’honneur sur une carte de collection spéciale comprenant une version hors circulation des pièces de circulation canadiennes.

Juste à temps pour l’ouverture du nouvel espace commercial de la Monnaie royale canadienne dans la boutique de la Tour CN, ce souvenir typiquement canadien est proposé jusqu’à épuisement des stocks au prix de vente au détail de 19,95 $CAN.

On peut se procurer tous les produits de la MRC directement auprès de la Monnaie en composant le 1-800-2671871 au Canada, le 1-800-2686468 aux États-Unis, ou dans Internet à l’adresse www.monnaie.ca. Les pièces sont également proposées dans les boutiques de la Monnaie royale canadienne à Ottawa, à Winnipeg, à Vancouver et maintenant à Toronto dans la Tour CN, ainsi que par l’entremise de son réseau global de marchands et de distributeurs et dans les établissements de Poste Canada participants.

Au sujet de la Monnaie royale canadienne

La Monnaie royale canadienne est la société d’État responsable de la production et de la distribution des pièces de circulation canadiennes. Titulaire de l’accréditation ISO 9001-2008, la Monnaie est reconnue comme l’un des établissements de monnayage les plus importants et les plus polyvalents au monde. Elle propose toute une gamme de produits spécialisés de très grande qualité et des services connexes à l’échelle internationale. Pour obtenir de plus amples renseignements concernant la Monnaie et ses produits et services, visitez le site www.monnaie.ca

Vous trouverez des images et une description détaillée de la nouvelle collection de la Monnaie à l’adresse : ftp://communications:RCM2007@ftp.mint.ca.

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Trésor à Nantes

Un trésor de pièces d’or expertisé à Nantes

lundi 28 février 2011- Nantes

  • Henri Vié : « On a le panel d’un marchand européen qui négocie avec les pays de la façade atlantique. »

    Henri Vié : « On a le panel d’un marchand européen qui négocie avec les pays de la façade atlantique. »

103 pièces d’or, de 1355 à 1540, reposaient dans un sac en papier au fond d’un coffre.

L’origine

Une dame décède. Un lointain parent hérite d’un coffre, sans clé, situé dans une banque, à quelques dizaines de kilomètres de Nantes. Le banquier l’ouvre. A l’intérieur, des documents et un petit sac en « torchon de papier », selon les mots d’Henri vié, numismate. Sans aucune indication de la provenance. « On ne sait pas d’où ça vient ni quand cela a été trouvé. »

L’expert

L’héritier décide de les faire expertiser par un spécialiste nantais. Soit Henri Vié qui tient un cabinet numismatique depuis 30 ans. Il connaît les « trésors », il en a déjà expertisé.

La réaction

En ce jour de février 2011, Henri Vié est fasciné par ce qu’il découvre. « On ne voit ça qu’une fois dans sa vie », résume-t-il. « Il m’a fallu dix jours d’enquête pour les

expertiser. »

Comprendre par « enquête », une recherche minutieuse dans des livres afin d’identifier chacune des pièces, de les répertorier, de les classer. « Un trésor aussi cohérent est rarissime. C’est une grande satisfaction que de l’avoir expertisé.J’en ai même rêvé. Comment voulez-vous que je parte en retraite ? »

La perle

Comme dans tout trésor, il y a une pépite. Une pièce portugaise dont « l’argus » n’indique pas de prix d’estimation. Juste cette indication : très rare. C’est bien simple, on ne sait pas ce qu’elle vaut en terme financier. Il s’agit d’une pièce portugaise, une « Saint-Vincent » frappée sous le règne du roi du Portugal entre 1557 à 1578. Deux petites flèches gravées .lui donnent une valeur encore non connue.

L’hypothèse

« Cet assemblage me fait penser à un très grand négociant », estime Henri Vié. « On a le panel d’un marchand européen qui négocie avec tous les pays commerçants de la façade atlantique ». Un négociant qui aurait travaillé avec le Portugal, l’Angleterre, la Flandre, la Bretagne.

« Les dernières dates correspondent aux guerres de religion sous le règne de Charles IX (1560 à 1574). Des troubles ont dû éclater. C’est la suite d’un drame, comme tout trésor. Il n’est pas venu chercher sa caisse qu’il avait cachée. Mort en laissant son magot. »

Le devenir

L’héritier de ce trésor, qui vient de le récupérer, ne sait pas encore ce qu’il va en faire. Il peut le garder comme en vendre une partie via un cabinet numismatique ou dans une vente aux enchères. Ou les deux.

Le prix

« C’est tellement aléatoire », prévient Henri Vié. Au bas mot, la vente d’un tel trésor -sans enchères- dépasse les soixante-dix mille euros. Mais tout est possible. Une seule pièce s’est récemment envolée en vente publique à cent vingt mille euros. Il s’agissait d’un « Morabitino du XIIIe siècle. On n’en connaissait que trois exemplaires ».

Le souhait d’Henri Vié ? « Que les monnaies étrangères retournent dans leur pays. » Retour aux racines après un mystérieux périple de plus de six cent ans.

Stéphane Pajot

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l’Art et la monnaie

L’art monétaire, un véritable artivisme sociétal

L’art permet de relier les sens, l’émotion et l’intellect. La conception d’une monnaie scripturale avec ses billets et ses pièces est tout un art puisqu’il fait converger une symbolique et une sémantique sur un même support qui représente une valeur de confiance entre les utilisateurs de cette monnaie. La numismatique s’intéresse essentiellement aux monnaies conventionnelles et officielles, mais aussi aux monnaies communautaires et tolérées. Néanmoins, les collectionneurs s’intéressent aussi à ce nouvel art monétaire qui ne conçoit pas la monnaie comme moyen d’échange, mais comme moyen d’expression et de liberté de conscience face à ce code caché qu’est l’argent.

Le dollar malmené et l’euro détourné

Le Van Gogh Dollar réalisé en 1965 par Robert DOWD nous apporte de l’art dans la monnaie.

Voici quelques satires controversées des présidents états-uniens d’amérique et français.

 

Une critique acerbe du billet de un dollar.

La monnaie comme outil artistique

Scott CAMPBELL, un tatoueur, réalise des découpes laser de liasse de billet de un dollar afin d’y inscrire cette icône religieuse.

Peter SIMENSKY réalise des collages avec des billets afin d’obtenir ces œuvres d’art.

Lorsque le monde virtuel cinématographique intègre l’art monétaire, voici le résultat :

Activisme artistique monétaire, du militantisme pour dénoncer le système monétaire.

Carol BROUILLET nous inspire un nouveau système monétaire basé sur la générosité et le partage via ce Conception Dollar.

Stephen BARNWELL nous fait réfléchir sur la question de la dette commerciale entre les pays avec ce billet des Etats Endettés d’Amérique.

17:06 Publié dans Regard : Documentaire – Filmographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | | Facebook

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pièces canadiennes 2011

LES PREMIÈRES PIÈCES DE LA COLLECTION 2011 DE LA MONNAIE ROYALE CANADIENNE SOULIGNENT LE CENTENAIRE DE NOTRE SYSTÈME DE PARCS NATIONAUX, DES ICÔNES DE LA FAUNE ET DES GRANDES RÉALISATIONS DE NOTRE PASSÉ

OTTAWA, le 5 janv. /CNW/ – La Monnaie royale canadienne est heureuse de présenter de nouvelles pièces de collection en or, en argent et en métaux de base dans le cadre du lancement de sa collection 2011. En vedette au sein de la nouvelle gamme de pièces très attendue : un dollar en argent épreuve numismatique, un dollar brillant en argent hors-circulation et un ensemble épreuve numismatique célébrant la conservation des trésors naturels du Canada en plus du centenaire de Parcs Canada. Parmi les autres émissions annuelles qui sauront ravir le public, mentionnons des pièces en or de 100 $, 200 $ et 300 $, une nouvelle pièce en or pur de 1/25 once, des ensembles hors-circulation et spécimens, ainsi que des ensembles-cadeaux finement ciselés. C’est avec fierté que la Monnaie marquera également cette année le centenaire de son affinerie d’or de calibre international, notamment en émettant un ensemble exclusif comprenant des pièces divisionnaires Feuille d’érable en or et un médaillon commémoratif.

« Chaque année, la Monnaie s’inspire des riches thèmes que renferment le patrimoine, la culture et les valeurs du Canada pour concevoir des pièces créatives et innovatrices à l’intention des collectionneurs » explique Ian E. Bennett, président de la Monnaie royale canadienne. « Façonnées de main de maître dans l’or, l’argent et les métaux de base, les pièces que nous lancerons en 2011 célèbrent la magnificence du Canada et seront appréciées tant pour leur signification que pour le savoir-faire dont elles sont issues. »

Vous trouverez ci-après une description des produits de la nouvelle collection de la Monnaie maintenant offerts au public.

DOLLAR EN ARGENT 2011 – CENTENAIRE DE PARCS CANADA (1911-2011)

Source de fierté nationale depuis longtemps, le système canadien de parcs nationaux − le premier au monde − a permis de préserver des aires sauvages d’une beauté à couper le souffle, pour le plaisir des générations d’aujourd’hui et de demain. Un important réseau d’aires naturelles a été créé il y a 100 ans, au moment de la fondation de la Division des parcs du Dominion, connue aujourd’hui sous le nom de Parcs Canada. Cet important centenaire est commémoré sur le dollar en argent 2011 de la Monnaie, frappé en argent sterling et offert en fini épreuve numismatique ou brillant hors-circulation. Une version plaquée or de cette pièce vedette du programme annuel de pièces de collection de la Monnaie est offerte en exclusivité dans l’ensemble épreuve numismatique 2011.

Le tirage du dollar en argent 2011 est limité à 40 000 exemplaires et le produit est offert au prix 55,95 $ CAN. Le dollar brillant hors-circulation est offert au prix de 49,95 $ CAN et son tirage est limité à 25 000 exemplaires. Les ensembles épreuve numismatique, dont le tirage mondial est limité à 55 000 exemplaires, sont vendus au prix de 114,95 $ CAN.

PIÈCE DE 100 $ EN OR 2011 — LE 175E ANNIVERSAIRE DU PREMIER CHEMIN DE FER DU CANADA

En 1836 fut inaugurée la première d’une longue série de voies ferrées publiques qui permettront éventuellement de relier le Canada d’un océan à l’autre, lorsque la locomotive Dorchester fut mise en service sur le nouveau chemin de fer entre le lac Champlain et le fleuve Saint-Laurent. Un groupe d’entrepreneurs montréalais ambitieux, mené par le célèbre brasseur John Molson, était derrière cette considérable avancée technologique, laquelle permettrait de relier la vallée du Saint-Laurent et le lac Champlain et de réduire considérablement le temps de déplacement entre Montréal et New York. La nouvelle pièce de 100 $ en or 14 carats de la Monnaie rend hommage à l’une des industries les plus influentes au Canada et son revers est orné de la locomotive Dorchester, la première à avoir été mise en service au pays.

Pour réaliser ce motif, les graveurs talentueux de la Monnaie royale canadienne se sont inspirés du tableau « Dorchester » de l’artiste canadien J. D. Kelly (1862-1958). Le tirage de la pièce est limité à 3 000 exemplaires et elle est offerte au prix de 639,95 $ CAN.

PIÈCE DE 200 $ EN OR 22 CARATS 2011 – SS BEAVER

Émise sur sept ans, la collection de pièces en or 22 carats Commerce d’autrefois s’achève avec une dernière pièce mettant à l’honneur la puissance de la vapeur et rendant hommage au SS Beaver, un navire hybride fonctionnant à voile et à vapeur. Affrété en 1835 par la Compagnie de la Baie d’Hudson pour servir de navire de ravitaillement, le SS Beaver voyagea entre Blackwall, en Angleterre, et Fort Vancouver, près de la ville actuelle de Portland (Oregon) aux États-Unis. Le navire fut par la suite équipé de roues à aubes fonctionnant à la vapeur, et ce, 225 après son voyage inaugural. Ainsi s’ouvrait une ère nouvelle pour la marine à vapeur sur la côte Pacifique de l’Amérique du Nord.

De 1862 à 1871, le Beaver fut affrété par la Marine royale pour cartographier la côte de la Colombie-Britannique. Il fut vendu en 1874 et cessa d’être au service de la Compagnie de la Baie d’Hudson pour servir de navire de charge et de remorqueur. Quatorze ans plus tard, le Beaver s’échoua sur des rochers à la pointe Prospect, à l’extrémité du parc Stanley de Vancouver. Alors que ne subsistent aujourd’hui que quelques reliques du navire au Vancouver Maritime Museum, la Monnaie a restauré le Beaver dans toute sa splendeur sur la pièce de 200 $ en or 22 carats 2011. De qualité épreuve numismatique, cette pièce rehausse l’oeuvre de l’artiste John Mardon avec des détails gravés au laser. Le tirage de la pièce est limité à 2 800 exemplaires et elle est vendue au prix de 1 079,95 $ CAN.

PIÈCE DE 300 $ EN OR 2011 – ARMOIRIES DU MANITOBA

En 2011, la pièce de 300 $ en or de la série des armoiries des provinces et des territoires du Canada met à l’honneur le Manitoba. Il s’agit de la province d’accueil des installations de Winnipeg de la Monnaie, où des pièces de circulation sont produites pour tout le Canada et pour de nombreux autres pays. Cette impressionnante pièce surdimensionnée rend un majestueux hommage à la province centrale du Canada, laquelle reliait les provinces de l’Est et les territoires émergents de l’Ouest lorsqu’elle est devenue une province en 1870.

La nouvelle pièce de 300 $ en or 14 carats de la Monnaie présente au revers les armoiries du Manitoba, arborant entre autres un bison d’Amérique et une inspirante devise en latin signifiant « glorieux et libre ». Le tirage de cette pièce, offerte au prix de 2 429,95 $ CAN, a été limité à 500 exemplaires.

ENSEMBLE NUMISMATIQUE FEUILLE D’ÉRABLE EN OR 2011 – CENTENAIRE DE L’AFFINERIE DE LA MONNAIE ROYALE CANADIENNE

La Monnaie royale canadienne est aujourd’hui reconnue pour sa capacité à affiner l’or le plus pur au monde et pour sa capacité à répondre à la demande sans précédent des marchés financiers en produits d’investissement de qualité supérieure. Il y a 100 ans, l’inauguration de l’affinerie d’or de la Monnaie faisait écho à un autre type de ruée vers l’or. En effet, le Canada devait répondre au besoin pressant d’affiner l’or extrait des mines de la Colombie-Britannique et du Yukon pour satisfaire la demande croissante en pièces d’or.

Au cours des 100 dernières années, la Monnaie s’est forgé une réputation de chef de file en établissant différentes premières, notamment en lançant la pièce d’investissement Feuille d’érable en or en 1979, en produisant la première Feuille d’érable en or pur à 99,99 % en 1982, ainsi qu’en devenant la première Monnaie à affiner l’or à 99,999 %. La Monnaie a également créé des pièces d’investissement en or 99999 et établi un record mondial avec une pièce Feuille d’érable en or pur à 99,999 % de 100 kilos en 2007.

La Monnaie célèbre un siècle d’excellence et d’innovation en affinage de l’or avec un ensemble exclusif de quatre pièces Feuille d’érable en or ornées du double millésime « 1911-2011 », soit une pièce d’une once et trois pièces divisionnaires (1/4 once, 1/10 once et 1/20 once) en or pur à 99,99 %, accompagnées d’un médaillon commémoratif en argent pur à 99,99 % plaqué or. D’un côté du médaillon est représentée la majestueuse installation de la Monnaie à Ottawa, laquelle renferme l’affinerie depuis 1911. De l’autre côté du médaillon figure le motif des premières pièces en or frappées à la Monnaie en 1912, soit les armoiries du Canada avec une couronne de feuilles d’érable. Seuls 750 de ces ensembles existent dans le monde, chacun se détaillant au prix de 3 739,95 $ CAN.

PIÈCE EN OR DE 1/25 ONCE 2011 – BERNACHES DU CANADA

De petite taille mais d’une très grande popularité, la pièce en or pur de 1/25 once de la Monnaie est de retour en 2011, ornée d’une splendide volée de bernaches du Canada. Omniprésente dans le ciel canadien au printemps et à l’automne, cette espèce est un symbole intemporel de l’abondante faune canadienne et s’est aussi développée en véritable marque de commerce canadienne. Dans le nord de l’Ontario, une statue géante de bernache du Canada érigée à Wawa est même devenue l’une des attractions routières les plus célèbres au pays. D’un tirage mondial limité à 10 000 pièces, cette oeuvre d’art miniature est offerte au prix de 109,95 $ CAN.

ENSEMBLE SPÉCIMEN 2011 – CHOUETTE LAPONE

Les célèbres espèces aviaires ayant déjà figuré sur le dollar de l’ensemble spécimen annuel de la Monnaie accueillent la chouette lapone au sein de leur volière exclusive. Cet oiseau, l’une des plus grosses chouettes, orne fièrement le dollar doré édition limitée de l’ensemble spécimen 2011. Conçue par l’artiste ontarien Arnold Nogy, cette pièce exceptionnelle est accompagnée d’une édition spécimen 2011 de chacune des pièces de circulation traditionnelles (à l’exception de la pièce de 1 $ courante). Le tirage mondial de ce populaire ensemble est limité à 35 000 exemplaires et son prix est de 49,95 $ CAN.

ENSEMBLE HORS-CIRCULATION 2011

L’intemporel ensemble hors-circulation figure parmi les favoris des collectionneurs; l’édition 2010 est d’ailleurs épuisée. Au total, 55 000 ensembles 2011 ont été produits. Ceux-ci incluent toutes les pièces de circulation du Canada, fabriquées à l’aide de la technologie de placage multicouche brevetée de la Monnaie. L’ensemble hors-circulation 2011 se détaille au prix de 23,95 $ CAN.

ENSEMBLES-CADEAUX 25 CENTS 2011

De retour en 2011, les ensembles-cadeaux 25 cents de la Monnaie sont le présent idéal, quelle que soit l’occasion : ensemble-cadeau pour bébé, « O Canada », Mariage et Anniversaire. Redécouvrez un classique avec ces pièces frappées selon un procédé traditionnel et non peintes, contrairement à celles des années précédentes. Chaque pièce de 25 cents unique est présentée dans une carte comportant des fenêtres découpées et est accompagnée de l’édition 2011 de toutes les pièces de circulation canadiennes. Les ensembles sont offerts au prix de 19,95 $ CAN, jusqu’à épuisement des stocks.

CARTE-CADEAU DE LA FÉE DES DENTS (2011)

Donnez un souffle nouveau à une tradition de longue date grâce à la carte-cadeau de la Fée des dents. Cette carte présente une élégante fée des dents au revers d’une pièce de 25 cents en acier plaqué multicouche. La pièce est encastrée sur le dessus d’une carte renfermant un poème en hommage à la fée des dents. L’ensemble inclut également un espace pour écrire un message personnel et une enveloppe détachable, à glisser sous l’oreiller de l’enfant en échange de sa dent. Cette carte inspirante est offerte au prix de 9,95 $ CAN, jusqu’à épuisement des stocks.

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monnaies Timouride

Nous connaissons bien la société de l’époque de Timour et des Timourides, notamment dans ses activités politiques, spirituelles et culturelles et, en partie, économiques, grâce aux nombreuses sources manuscrites musulmanes. Mais les questions relatives aux échanges économiques, aux rapports entre la marchandise et la monnaie, et à la frappe monétaire y apparaissent rarement et de façon épisodique. En effet, les seules sources permettant d’étudier ces questions sont les monnaies elles-mêmes, qui nous sont parvenues en grande quantité, surtout pour l’époque timouride. Cette masse monétaire, frappée du XVe au début du XVIe siècle, est telle par rapport aux époques antérieures et postérieures (entre le IXe et le XIXe siècle), qu’elle a évidemment retenu l’attention des chercheurs, au tout premier rang desquels E.A. Davidovich. Sa monographie, publiée en 1983, présente une analyse détaillée de la circulation des monnaies de cuivre du XVe au début du XVIe siècle, surtout dans le Mavarannahr central et méridional, bien qu’elle ne considère pas le nord-est comme une aire numismatique séparée1.

2La présente étude, basée sur des données originales inédites, propose l’analyse de la frappe de cuivre timouride dans le Mavarannahr du nord-est.

3Nous avons étudié vingt-deux trésors monétaires trouvés sur le territoire de l’oasis de Ferghana, aujourd’hui conservés dans des collections d’État ou privées de toute l’Asie centrale.

  • 2 Babur-nama, trad. M. Sal’e, Moscou, 1961, p. 18 ; trad. J.-L. Bacqué-Grammont, Le Livre de Babur, P(…)

4En 873/1468-69, après la mort d’Abu Sa’id, le Mavarannahr et le Khorassan redeviennent deux sultanats indépendants. Au gré des guerres intestines, qui s’intensifient par la suite, le fils aîné d’Abu Sa’id, Soltan-Ahmad, s’empare du pouvoir au Mavarannahr, alors qu’‘Omar Sheykh, dont le Ferghana est l’apanage, manifeste des intentions séparatistes ; c’est à la politique monétaire de ce dernier, reflétant ces tendances séparatistes, que nous allons nous intéresser2.

5‘Omar Sheykh, quatrième fils d’Abu Sa’id et père de Babour, donna à ce dernier, s’il faut l’en croire, la région du Ferghana en pleine possession. Babour écrit :

  • 3 Babur-nama, trad. Sal’e, p. 15 ; trad. Bacqué-Grammont, p. 37b.

« Comme [‘Omar Sheykh] Mirza était un souverain doué d’une haute ambition et de grandes aspirations, il avait toujours eu des désirs de conquête. Il mena plusieurs une fois son armée contre Samarcande3 ».

6En menant sa propre politique extérieure, il aspirait, bien sûr, à l’indépendance économique, mais il ne se résolut cependant pas à frapper une monnaie d’argent, prérogative du pouvoir suprême. On ne connaît pas, en tout cas jusqu’à présent, de monnaie d’argent de ‘Omar Sheykh. Il n’en va pas de même de la monnaie de cuivre : là, il ne laissa échapper aucune occasion d’en frapper en la rajoutant ainsi à sa trésorerie. Mais ceci non plus ne se fit pas d’un seul coup. Durant les deux premières décennies de son règne, c’est principalement la monnaie du Mavarannahr central qui circula au Ferghana. Le Ferghana et le Shash utilisèrent, parallèlement au procédé employé à l’échelle de l’Etat – qui consistait à surpoinçonner les monnaies avec des cartouches en formes de lentilles et d’hexaèdres, portant l’inscription « nim-dang » – des procédés qui leur étaient propres.

  • 4 Nous utilisons ici la méthodologie de Davidovich (Istorija denežnogo obrashchenija), sa classificat(…)

7Les surpoinçonnages du type 82, deuxième catégorie, dans un cartouche carré avec l’inscription « dangiżarb », ne sont attestés que dans les trésors provenant du nord-est et donc, vraisemblablement, ont été faits là-bas4. Ce sont eux qui représentaient la principale valeur nominale en cuivre sur les marchés du Ferghana et du Shash.

8Les contremarques de type 9 du même groupe et de la même catégorie, dans le cartouche à trois pétales portant l’inscription « nimdangi », ne sont attestées que dans les trésors provenant du Ferghana et représentent la moitié (nim) de la valeur nominale (fig. 1).

Fig. 1 : Surpoinçons du groupe 2, première et deuxième catégories

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9Le surpoinçonnage se retrouve dans les types du sous-groupe 1-3, deuxième groupe, première catégorie, où le cartouche a la forme d’une lentille, d’un carré ou d’un triangle portant l’inscription « ‘adl ». Ces trois types font partie, semble-t-il, d’une même action entreprise dans la vallée du Ferghana étant donné leur prédominance numérique et la diversité de leurs types attestés dans les trésors du Ferghana. Sans doute ont-ils été frappés à la fin des années 890 de l’hégire, lorsque les khans du Mogholistan s’emparèrent du Shash.

10On ne peut, pour l’instant, établir leur chronologie précise. Il est toutefois clair qu’ils furent tous entrepris entre 870 et 897 H., les contremarques de type 8 étant antérieures au type 9, qui s’arrête en 879 H. Et c’est seulement vers la fin de 890 H. que le surpoinçonnage contient le mot ‘adl.

11La mise en place de ces pratiques que nous venons d’évoquer, inaugure la politique économique indépendante de ‘Omar Sheykh, qui cherchait à tirer un profit maximal de la circulation des monnaies. Le surpoinçonnage en constituait un moyen idéal, car ce travail, simple, ne coûtait que le prix d’une intervention technique. Ainsi, en 25 ans, cinq vagues de surpoinçonnage se sont succédé – deux à l’échelle de l’Etat et trois à l’échelle régionale –, ce qui témoigne du profit énorme que procurait la frappe des monnaies. Aussi bien au Mavarannahr central que du nord-est, la circulation des monnaies de cuivre fut orientée vers la rentabilité la plus élevée.

12Le Ferghana était « en retard » dans le domaine de la circulation monétaire par rapport au Mavarannahr central. Comme auparavant, les monnaies « étrangères », mais surpoinçonnées sur place, constituaient la base de la masse monétaire, procédé qui bénéficiait à la trésorerie locale. Ces poinçons fournissaient aux marchés du Ferghana des monnaies de trois valeurs, témoignant ainsi d’un certain niveau de développement des rapports marchands et financiers dans la région, particulièrement pour le commerce des articles de première nécessité. C’est vers la fin des années 890 H. que le Mavarannahr du nord-est rattrapa graduellement son retard.

13Le grand nombre « d’anciennes » monnaies en circulation, émises en 832 H., avec ou sans surpoinçons, les variations permanentes du cours des nouvelles monnaies, les émissions marquées de poinçonnages divers finirent par tant dérégler les échanges monétaires, dans le Mavarannahr du centre et du nord-est, qu’il fallut, dans la dernière décennie du XVe siècle, procéder à l’émission de nouvelles monnaies au Mavarannahr central et au Ferghana.

14Cette étape de l’échange monétaire (897/1491-907/1502) est marquée par une nouvelle émission importante, abondante même.

  • 5 Davidovitch, Istorija, p. 187.
  • 6 Ibid., p. 189.

15E. Davidovich a établi que, à partir de 897/1491-92, à Boukhara et à Samarcande, on procéda annuellement à la frappe de nouveaux dinars et, simultanément, à des surpoinçonnages répétés. La politique monétaire étant commune, les monnaies de Samarcande et de Boukhara étaient du même type. Mais la nouvelle donne politique dans la deuxième moitié de l’année 900 H. entraîna un changement5. Jusqu’au milieu du mois de shavvâl 899/déb. juillet-déb. août 1494, Samarcande et Boukhara étaient aux mains de Soltan-Ahmad Mirza. À sa mort, on appela à Samarcande son frère Soltan-Mahmud Mirza qui, de son côté, envoya à Boukhara son fils Baysonghor Mirza. Soltan-Mahmud Mirza étant mort en rabi’ II 900/janvier 1495, Samarcande et Boukhara revinrent ensemble au pouvoir de Baysonghor Mirza. C’est alors que, selon Davidovich, on changea de type6.

  • 7  Ibid., p.190.

16Pour Davidovich, la présence de monnaies émises par les autres ateliers monétaires de la région et dont le type se rapprochait le plus du celui de Boukhara et Samarcande, caractérise le marché monétaire de l’époque. Les monnaies de Tachkent, d’Andijan et de Qarshi reproduisaient le type ancien de Samarcande (9) et de Boukhara (4). Elle en conclut que dans certaines régions du Mavarannahr, au début des années 1490, des monnaies de même type circulaient parallèlement, malgré la division du Mavarannahr en plusieurs apanages, dont certains indépendants de Samarcande, comme, par exemple, Andijan7.

17Les matériaux dont nous disposons témoignent qu’il n’en allait pas de même au Ferghana à l’époque étudiée.

18À Andijan, tout comme à Boukhara et à Samarcande, les années 898-899 H. voient apparaître une nouvelle monnaie à l’avers en sept versions (fig. 2), dont une seule (type 3a) reproduit le type ancien de Boukhara et de Samarcande. L’émission fut importante, avec une intensification en 899 H. Nous avons tenté une reconstitution graphique des avers et revers : trois versions pour l’année 898 et huit pour l’année 899 H. En outre, 80 monnaies de l’année 899 H. portent également sur le revers le mois, rabi’ I. Peut-être parce que l’émission de ces dinars fut massive et intense, peut-être parce que, pendant plus de soixante ans, il n’y avait pas eu de frappe au Ferghana, la reproduction de l’inscription sur les monnaies d’Andijan est de moins bonne qualité que sur celles du Mavarannahr central, surtout dans la partie où est notée la date.

Fig. 2 : Réconstitution des types des monnaies d’Andijan (avers)

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1. 818 H. ;
2. 832 H. ;
3. a-g : 898-899 H.

Fig. 3 : Reconstitution des types des monnaies d’Andijan (revers)

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1. a-d :898 H. ;
2. a : rabi’ I 899 H. ;2. b-h : 899 H.

19D’où vient la diversité sur l’avers de monnaies contemporaines ?

20Cela s’explique d’abord par l’utilisation accrue du droit régalien de battre sa propre monnaie. La modification de l’avers ne fit que réactualiser la valeur, sans répercussion sur le poids des « nouvelles » monnaies, comme le montre la comparaison de leur poids. On ne peut tracer le triangle de poids net, ce qui veut dire que toutes ces monnaies furent frappées al marco, avec un poids moyen de 4,8 à 4,9 g. (un lingot de cuivre d’un poids déterminé servait à frapper un nombre également déterminé de pièces de monnaie, d’où le poids moyen de chaque monnaie).

21Les différentes versions de l’avers ont-elles rempli une fonction analogue au poinçonnage ? Cela signifierait que, tirant la leçon des erreurs passées, on chercha à tirer autrement un profit supplémentaire des monnaies en cuivre, d’autant plus que, dans le Ferghana de cette époque, le surpoinçonnage n’était pas répandu et avait plutôt un caractère symbolique.

22Deux types de poinçons sont enregistrés pour cette période : dans des cartouches carrés, l’un porte l’inscription ‘adl solṭân et l’autre le nom de ‘Omar Sheykh Guragân. Attestés en exemplaires uniques sur les monnaies « étrangères », ils remplissaient une fonction plus proclamative que fiscale : affirmer de façon officielle la politique d’indépendance économique de ‘Omar Sheykh, d’autant plus qu’il ne frappait pas de monnaie d’argent.

23Si on veut développer la thèse des multiples versions de l’avers, il faut prendre en considération le fait que certaines monnaies furent frappées après 898 H. Sur quatre versions émises en 898 H., trois furent encore frappées l’année suivante. Il s’agit ici plutôt de l’utilisation de poinçons anciens dans des combinaisons différentes ; étant donné l’intensité de l’émission, ce phénomène, assez courant, aurait pu se produire alors dans le Ferghana.

24Les monnaies « étrangères » de Samarcande et de Boukhara, qui circulaient avec des taux différents et pouvaient jouer le rôle de plus petit multiple de la valeur nominale, constituaient 40 % de la masse monétaire.

25On cessa de frapper la monnaie à Andijan en 899 H., vraisemblablement en rapport avec la mort de ‘Omar Sheykh. L’émission ne reprit que douze ans plus tard, en 910 H. à Akhsi, déjà sous le règne des Sheybanides. Durant toute cette période, de l’arrivée au pouvoir de Babour à la conquête de la région par Sheybani Khan, aucune monnaie ne fut frappée dans la vallée du Ferghana. Ce fait s’explique d’abord par l’exploitation intensive de la monnaie – sept versions de l’avers en deux ans – qui entraîna une inflation d’autant plus difficile à maîtriser que la situation politique était mauvaise. L’instabilité politique, entraînant une détérioration économique, eut elle aussi un impact négatif sur la circulation monétaire de la vallée du Ferghana.

26À la mort de ‘Omar Sheykh, le prince Babour, âgé de douze ans, hérita de l’apanage du Ferghana. Cela aggrava les tendances centrifuges et les guerres intestines dans la région, notamment entre Babour et son frère Jahangir, chacun soutenu par une partie de l’aristocratie militaire. La guerre fratricide dévasta de nombreuses contrées au point que le blé et les vivres manquèrent. La conséquence fut la division, en 906/1500, du Ferghana en deux parties : Jahangir obtint les territoires situés au nord du Syr-Darya, dont le centre était Akhsi, et Babour reçut les régions au sud du fleuve, avec pour centre Andijan.

  • 8 Babur-nama, trad. Sal’e, p. 40.

27Le jeune Babour aspirait à conquérir Samarcande, capitale de Timour. Deux fois il y entra, en 903/1497-98 et en 906/1500, et deux fois il dut l’abandonner. Après sa première tentative, il faillit perdre son apanage et ce n’est qu’en 904/1499 qu’il put, à grand peine, rétablir son pouvoir au Ferghana. À la suite de la deuxième campagne, il perdit le Ferghana où Soltan Ahmad Tanbal usurpa le pouvoir. Babour chercha de l’aide à Tachkent auprès de Soltan-Mahmud. Mais Ahmad Tanbal s’allia à Sheybani Khan – déjà maître du Mavarannahr central –, qui battit Babour et les khans chaghataïdes près de Tachkent, en 909/1503-1504, et ajouta ainsi à son royaume le Shash d’abord, le Ferghana ensuite. Vers la fin du XVe siècle, l’anarchie politique au Ferghana culmina. Les interminables guerres intestines avaient eu un effet désastreux sur la situation intérieure du pays. La décadence économique prit un tour catastrophique. Les paysans ruinés allèrent grossir les rangs des pauvres urbains. La misère toucha même les familles nobles qui manquaient de vivres et de fourrages. La population, à bout, se révolta8.

28Toute la période qui s’étend de l’accession de Babour au pouvoir à la conquête du Ferghana par Sheybani Khan se caractérise par des luttes politiques aux désastreuses conséquences économiques. Un contexte guère propice au développement de la circulation monétaire. Comme nous l’avons déjà noté, l’émission monétaire reprit à Akhsi en 910/1504-05, sous les Sheybanides, mais épisodiquement. On n’a retrouvé que deux manifestations de surpoinçonnage à l’époque de Babour et d’Ahmad Tanbal. Il s’agit de cartouches octaèdres portant l’inscription Akhsi, et à quatre pétales portant l’inscription żarb-[e] Akhsi.

29Ainsi la fin du XVe siècle au Ferghana se caractérise par la continuation d’une politique monétaire indépendante. La circulation monétaire se rapproche alors beaucoup de celle du Mavarannahr central, grâce à la stabilité économique du pays. Après une interruption de plus de cinquante ans, l’émission assez importante, dans les années 898-899 H., d’une monnaie du Ferghana est un facteur essentiel du développement de la circulation monétaire. À cette époque, plus de la moitié de la masse monétaire était constituée de monnaies propres à cette région et près de 40 % par des monnaies nouvellement émises au Mavarannahr central ou de l’époque antérieure. La politique fiscale fut modifiée compte tenu des erreurs passées. Le surpoinçonnage, autrefois très connu au Mavarannahr central, fut utilisé au Ferghana surtout à des fins de propagande. Le principal moyen de tirer un bénéfice supplémentaire consistait à changer souvent le décor de l’avers de la monnaie, ce qui, en fin de compte, joua un rôle négatif pour la réémission après la mort de ‘Omar Sheykh.

30Mais, pour l’essentiel, l’interruption dans le développement de la circulation monétaire de cuivre vint des troubles intérieurs après la mort de ‘Omar Sheykh. Ils ruinèrent complètement l’économie de la vallée du Ferghana et ramenèrent son système d’échange monétaire au stade antérieur, à l’époque où circulaient les monnaies « étrangères » avec le surpoinçon local.

31En travaillant sur le matériel relatif au Mavarannahr central et méridional, Davidovich a montré que le dernier quart du XVe et le premier quart du XVIe siècle avaient constitué la période d’essor maximal des rapports marchands monétaires. Elle a réussi à établir que, dans le premier quart du siècle, la région de Hesar égala pratiquement le Mavarannahr central pour la production et le commerce d’articles de consommation courante. Pour elle, ce phénomène est propre à la région méridionale. Cependant, les données numismatiques provenant des régions nord-est attestent le même processus dans ces régions où la circulation monétaire se rapprocha aussi de plus en plus de celle du Mavarannahr central. Il faudrait y voir une tendance générale du développement accéléré des rapports marchands monétaires et de leur poussée maximale dans les régions périphériques de tout le Mavarannahr.

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Notes

1 E.A. Davidovich, Istorija denežnogo obrashchenija srednevekovoj Srednej Azii, Moscou, 1983.

2 Babur-nama, trad. M. Sal’e, Moscou, 1961, p. 18 ; trad. J.-L. Bacqué-Grammont, Le Livre de Babur, Paris, Imprimerie Nationale, 1985, p. 42b.

3 Babur-nama, trad. Sal’e, p. 15 ; trad. Bacqué-Grammont, p. 37b.

4 Nous utilisons ici la méthodologie de Davidovich (Istorija denežnogo obrashchenija), sa classification typologique des monnaies et des surpoinçons, et sa périodisation de la production monétaire du XVe et du début du XVIe siècle.

5 Davidovitch, Istorija, p. 187.

6 Ibid., p. 189.

7 Ibid., p.190.

8 Babur-nama, trad. Sal’e, p. 40.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Ludmila Špeneva, « La politique monétaire du Timouride ‘Omar Sheykh au Ferghana à la fin du XVe siècle », Cahiers d’Asie centrale [En ligne], 3/4 | 1997, mis en ligne le 03 janvier 2011, Consulté le 04 janvier 2011. URL : http://asiecentrale.revues.org/index483.html

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Auteur

Ludmila Špeneva

Institut d’Archéologie, Samarcande, Ouzbékistan

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collection A Bigot

Vente de la collection Alexis Bigot, monnaies royales et ducales bretonnes !

Porte parole:Jean-Loup Le Cuff
Publié le 2/12/10 13:02

NORMANDIE — Une vente exceptionnelle, sur offres, concernant le patrimoine breton vient de se clore en Normandie, le 26 novembre 2010, organisée par la boutique numismate « Monnaies d’Antan », (dont voici le site : [Voir le site] ) Il s’agissait de la vente de la collection Alexis Bigot, qui fut membre de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, numismate éclairé de la Bretagne médiévale souveraine, à qui les numismates bretons d’aujourd’hui doivent une bible de référence en la matière : « Essai sur les Monnaies du Royaume et Duché de Bretagne » (Première édition de 1857 chez Rollin, réédité aux Presses d’Orthez).

C’est sa collection entière qui était à vendre, cinq cent quarante deux monnaies royales et ducales, pour un prix global de départ de 150.000 € pour une estimation à 250.000 €. A ma connaissance aucune préemption ou proposition de rachat de la part du Conseil Régional de Bretagne (B4) n’a été faite… Encore une part de notre patrimoine breton dispersée aux quatre vents, comme en tant d’autres domaines ! Espérons cependant que de nombreux numismates bretons ont réussi à acquérir quelques pièces, afin de les conserver sur notre territoire, hors spéculation excessive…

Ces monnaies ont donc été vendues à l’unité, et 61 % d’entre elles ont trouvé preneurs lors de la première partie de cette vente. Ce qui représente 72 % des prix de départ.

Le record a été atteint par la vente d’un denier en argent de Pépin le Bref, frappé à Nantes ( 17 mm ; 1,03 gr ; AVERS : PIPI RX F surmonté d’un trait en monogramme. REVERS : NA en monogramme. Monnaie trouvée dans les environs de Josselin, publiée dans la revue numismatique 1855 Pl I n◦1. Bigot Pl IV, 1. Seule monnaie connue et frappée à Nantes pour Pépin le Bref) à 6 500 €uros !

Deuxième position de vente, un triens en or pâle frappé à Rennes à 5380 €, (12 mm / 1,21 gr, AVERS : + ReDoNAx – Buste à droite. REVERS : + IIVMVGISILo : – Croix ; monnaie trouvée dans les environs de Fougères.)

Troisième position de vente, un blanc d’Anne de Bretagne frappé à Nantes, sans doute entre ses deux mariages, (AVERS : Ç 3nnA: FRA6oR: R: aT: BRITonV: DV6ISSA – Ecu parti de France et de Bretagne. REVERS : Ç SIT: noman: DomInI: BanaDI6TVm: n: – Croix pattée, une moucheture en coeur. 2,30 gr d’argent, 27 mm) est parti à 4150 €.

Notons également la vente d’un denier en argent de Nominoë frappé à Rennes, sans doute quand il était encore sous la tutelle carolingienne,( 1,11 gr ; 20 mm ; AVERS : + GwATIA D-I weX – Monogramme carolin. REVERS : + weDoNIS CIVITAS – Croix. A l’origine provenant de la collection M. Dobrée) qui s’est vendu à 1035 € … (Voir catalogue de vente : [Voir le site] )

Les numismates bretons qui découvriraient tardivement cette vente peuvent encore réagir, car les nombreux invendus restent disponibles au prix de départ, jusqu’au 15 décembre 2010 : monnaies de beaucoup de nos Ducs bretons à partir de 30 € jusqu’à 1000 €. Un joli cadeau de Noël, peut-être… mais pour amateurs éclairés, certainement !

JLLC

« Post-scriptum rajouté le 4/12/2010: »

Après la rédaction de l’article ci-dessus, l’organisateur de cette vente m’a appelé pour me remercier et m’apporter quelques éclairages : Au dessus des ventes déjà citées, (cela m’a échappé), le meilleur prix réalisé pour une monnaie de cette collection a été faite en réalité pour « le Jean IV gros au lion heaumé » vendu 8 650 €, que vous trouverez au catalogue de la vente sous le numéro 285. (AVERS : IokAnn aSÛ DVXÛ BRITAnIaÛ R – Lion des Flandres couché à gauche, portant un heaume cornu ; le lion de Montfort au-dessus. REVERS : + DaVSÛ In ADIVTORIVmÛ maVÛ InTan – Croix cantonnée de 4 mouchetures. 31 mm ; 3,14 gr). Pour le symbole breton, mieux valait donc un premier prix à notre Duc Jean IV qu’à Pépin le Franc…

Par ailleurs, il est important de préciser que le cahier manuscrit des notes d’Alexis Bigot, avec ses commentaires sur ces monnaies, et ayant servi de contrat de vente en direction du propriétaire suivant, a été vendu 1500 €. Une telle pièce aurait mérité d’être acquise par un Musée de Bretagne, mais Monsieur Laurent Fabre, qui dirige la boutique numismate « Monnaies d’Antan », a eu la très bonne idée de rééditer le livre d’Alexis Bigot « Essai sur les Monnaies du Royaume et Duché de Bretagne, complétée de la copie des 30 pages du cahier de Bigot et de toutes les photos des monnaies de sa collection en couleur !» (prix 50 euro).

Il y aurait encore tant de choses à dire… Je me contenterai de confirmer qu’effectivement, l’article ci-dessus a donné quelques idées à des numismates bretons, confirmés ou en herbes, et c’est tant mieux ! Peut-être se trouve-t-il parmi eux le ou les prochain(s) « Alexis Bigot » pour reconstituer une belle collection des monnaies de nos rois et de nos ducs? Allez savoir… Mais cette fois là, il faudra la garder dans un écrin, afin que chaque breton puisse la contempler comme un émouvant témoignage de notre grandeur passée. N’eo ket echu an istor ! ■

 

 

En 2000-2001, notre collectif de défense s’est opposé avec succès au projet profanateur de site départemental d’enfouissement d’ordures ménagères sur la partie nord / nord-est du champ de l’importante bataille européenne et franco-bretonne de 1488, qui entraîna la perte d’indépendance de la Bretagne. Là reposent environ 8.000 hommes de dix nationalités différentes, Anglais, Germains, Français, Flamands, Suisses, Espagnols, Basques, Napolitains, Gascons et de nombreux Bretons…. Cette affaire a mis en lumière méconnaissance et irrespect pour l’Histoire Bretonne, qui n’est toujours pas enseignée dans les écoles des cinq départements de Bretagne. Aujourd’hui, en pleine construction européenne, et avant que ne repoussent les ronces de l’oubli sur notre histoire plus que millénaire, nous voudrions que nos impôts ne servent pas seulement à alimenter le gouffre des diverses constructions pharaoniques parisiennes : nous désirerions construire à l’entrée de la Bretagne, prés du site historique de Saint-Aubin du Cormier, traversé par l’autoroute des estuaires A84, un espace muséal sur la bataille, dans son contexte historique, dans un esprit international de développement culturel, économique et touristique. Dans cette attente incertaine, nous avons déjà acquis à travers la Sci Koad Sav Pell, une partie de l’épicentre de la bataille (4 ha 25 a) où se trouvaient les troupes bretonnes et alliées avant l’engagement du combat, et où nous avons commencé la construction d’un parc de sculptures-mémorial sans aucune aide publique. Notre association MAB (fils), Musée Archipel Breton, créée en janvier 2001, est ouverte à tous ceux qui désirent, en un légitime besoin démocratique, offrir aux Bretons et à l’ensemble des visiteurs, une vision de notre riche Histoire Bretonne. ( http://aubin35.free.fr/ ) Taper Musée Archipel Breton dans moteur de recherche d’ABP pour lire tous les articles de MAB!
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trésor pièces romaines retrouvées

À Autun, en Bourgogne, un faubourg du IIIe et IVe siècle a retrouvé l’air libre. Des ateliers, dont celui d’un artisan célèbre, mais aussi un trésor de pièces romaines, plus ou moins fausses, ont été mis au jour par l’équipe de l’Inrap, menée par Stéphane Alix.

La fouille archéologique du faubourg d’Arroux, au nord d’Autun, menée dans le cadre d’un projet de logements sociaux, a permis la découverte d’un quartier antique partagé entre artisanat et habitat aisé. Les archéologues ont notamment mis au jour l’officine du coroplathe (fabricant de figurines) Pistillus : four de potier, moules, figurines et ratés de cuisson signés « Pistillus » confirment la présence de son officine à Autun.

Son œuvre, bien que populaire, se distingue par des statuettes soignées et des thèmes variés : déesses protectrices, Vénus, Abondance, animaux, mais aussi de tendres représentations de l’intimité romaine. Lors des dernières semaines de la fouille, principalement consacrées à l’étude d’un ensemble de vestiges datant de l’époque augustéenne (début du Ier siècle de notre ère), un important dépôt monétaire a été exhumé.

Les pièces retrouvées à Autun ont été fabriquées par des artisans, comme cela se pratiquait en ces époques troublées des derniers siècles de l'Empire romain
Les pièces retrouvées à Autun ont été fabriquées par des artisans, comme cela se pratiquait en ces époques troublées des derniers siècles de l’Empire romain. © Loïc de Cargouët/Inrap

Plus de 100.000 pièces romaines

L’ensemble était enfoui dans une fosse scellée par des tuiles. Il pèse environ 38 kilos et consiste en plus de 100.000 pièces romaines de la fin du IIIe siècle de notre ère. Ces monnaies sont de toutes petites pièces en bronze de moins de 0,4 gramme. Ce sont des exemplaires non officiels, comme il en a beaucoup circulé durant la période très troublée de la seconde moitié du IIIe siècle, et même peut-être encore au IVe siècle.

De graves crises frappent l’Empire à cette période : guerres incessantes entre prétendants au trône, épidémies, poids financier et politique de l’armée, pression aux frontières, crise économique, etc. L’État romain n’est plus en mesure d’assurer pleinement la pérennité et le contrôle du système monétaire.

De petits monnayages de bronze, de peu de valeur, qu’on peut qualifier de « monnaie de nécessité », apparaissent alors : ils sont produits par des particuliers mais sont plus ou moins tolérés par l’État. Ils imitent pauvrement les émissions officielles et les effigies sont difficilement identifiables. Les pièces découvertes à Autun se rapprochent de celles typiques du IIIe siècle, telles les monnaies de Tétricus. La forte teneur en cuivre du dépôt a permis au panier en vannerie, dans lequel elles étaient stockées, d’être en partie conservé.

Des pièces destinées… au four

Si l’ensemble avait une certaine valeur, il ne s’agit probablement pas d’un trésor dissimulé, mais plutôt d’un dépôt de pièces déclassées destinées à la refonte. La fosse est d’ailleurs située dans l’emprise d’un des ateliers de métallurgie mis au jour sur le site. En effet, pour rétablir une économie monétaire saine, certains empereurs ont lancé des réformes et tenté de remplacer les anciennes pièces sans autre valeur que celle de leur métal. Le dépôt monétaire d’Autun est peut-être lié aux réformes de Dioclétien sous la Tétrarchie (fin IIIe siècle-début IVe siècle).

Un second dépôt devait se situer non loin du premier puisque un peu plus de 2.000 pièces ont été collectées à l’emplacement d’un mur du même atelier. Mais le démantèlement de cette maçonnerie, au IVe siècle ou Ve siècle, a dû partiellement le détruire.

Ces vestiges numismatiques vont permettre de mieux appréhender tant les aspects du monnayage non officiel, que les phénomènes de déclassement et de refonte des monnaies durant l’Empire. Ces ensembles viennent s’ajouter aux quelque 300 monnaies romaines – en bronze dans leur très grande majorité – découvertes sur le reste de la fouille. Communes ou rares, ces monnaies, au même titre que les autres objets et vestiges, ne livrent d’utiles indications que parce qu’elles sont découvertes et étudiées dans leur contexte archéologique.

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Un trésor de pièces romaines, de fabrication artisanale. Il se trouvait dans l'atelier d'un métallurgiste qui devait prévoir de les fondre. © Charline Ruet/Inrap

Un trésor de pièces romaines, de fabrication artisanale. Il se trouvait dans l’atelier d’un métallurgiste qui devait prévoir de les fondre. © Charline Ruet/Inrap
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