once d’or origine

L’once de Troyes : toujours au top !

Publié le dimanche 21 août 2011 à 09H16 – Vu 199 fois

Une balance de changeur datée du XVIe siècle : elle permettait de contrôler la validité des monnaies qui s'échangeaient. Leur boîtier de rangement contenait de multiples poids monétaires

Une balance de changeur datée du XVIe siècle : elle permettait de contrôler la validité des monnaies qui s’échangeaient. Leur boîtier de rangement contenait de multiples poids monétaires

 

Dans le monde entier, le cours de l’or s’affiche en « once ». Il s’agit de « l’once de Troyes », survivance du rayonnement des Foires de Champagne

En cette période de « fièvre de l’or », un détail vous a peut-être échappé… Pour chiffrer sa hausse, les Anglo-saxons parlent de l’once, « l’Ounce Troy » – en prononçant « Troï », qui a pour symbole « oz t ». C’est l’unité internationale de mesure de l’or et plus généralement des métaux précieux. Une once Troy équivaut à 31,103 grammes. Les historiens sont tous unanimes : l’once Troy, c’est l’once de Troyes, l’unité de mesure qu’avaient imposée en Occident les Foires de Champagne. Huit siècles après, l’once de Troyes est restée une référence. Belle longévité ! L’once fait partie d’un système de mesure de poids hérité des Romains, repris par les Carolingiens et basé sur la livre. Après l’éclatement des royaumes carolingiens en seigneuries féodales, les systèmes de mesure perdirent toute unité, variant d’une ville à l’autre, d’un comté à l’autre et changeant aussi dans le temps… Il était nécessaire de préciser l’origine géographique de telle mesure ou de telle monnaie pour s’y retrouver.
Valeur de référence
Au XIIIe siècle, alors que les échanges commerciaux se multiplient, la complexité des mesures est un véritable casse-tête. Dans ce système, le poids troyen (attesté dès 1185), l’once, représente un douzième de la livre, ce qui est alors loin d’être le cas partout. Ailleurs, certaines livres contenaient dix onces et d’autres jusqu’à quarante-huit onces. Les importantes et nombreuses tractations qui s’opéraient aux Foires de Champagne généralisèrent et répandirent le poids de Troyes. « L’once de Troyes », qui était utilisée pour peser l’or, l’argent, les épices ou les produits médicinaux était la plus répandue de ces mesures troyennes.
Autre beau succès : « Le marc de Troyes », unité de base du poids des monnaies eut, comme le soulignent les dictionnaires de numismatique, « une diffusion internationale car on l’utilisait aux Foires de Champagne ». Louis IX, roi de France de 1226 à 1270, l’officialise, en 1266, comme étalon du royaume. C’est à partir du poids de marc que se taillaient les deniers. Or le « denier de Provins », monnaie des comtes de Champagne, est comparé par les historiens au « dollar du Moyen Âge ».
Même si l’éclat des Foires de Champagne diminua à la fin du XIIIe siècle, les mesures de Troyes, pour les métaux précieux comme pour les monnaies d’argent, restèrent longtemps des références. Ainsi à la fin du XVe siècle, en 1497, le roi d’Angleterre, Henry VII, adopta, pour le monnayage, la livre de Troyes de douze onces, déjà utilisée par les orfèvres anglais. En 1527, Henry VIII, confirma le système « troy ». Et pour ce qui est de l’once de Troyes, unité de mesure de l’or, de l’argent et du platine, elle a survécu, via les pays anglo-saxons, échappant à la disparition qu’elle a connue en France à la Révolution.
La gloire des Foires
À elle seule, une telle survivance souligne la puissance de Troyes aux XIIe et XIIIe siècles, cet âge d’or consécutif à la stratégie économique mise en place par les comtes de Champagne : un cycle de foires réparties sur toute l’année et entre les principales villes du comté : Troyes, Provins, Bar-sur-Aube et Lagny. Du début à la fin de l’année, s’y négociaient tour à tour, venus d’Espagne, d’Italie, d’Angleterre, des Flandres et de France, des draps, des soieries, des tissus d’or et d’argent, des bois, des bêtes de somme, des gants, des chapeaux, des miroirs et des parchemins, des cordages, des couteaux, des pièces d’orfèvrerie. Comme le précise Boutiot, certaines denrées se vendaient au poids, au moyen de la livre Troy encore en usage en Angleterre : le safran, les citrons, la réglisse, le gingembre, le poivre, l’indigo, l’encens, les pierres fines, l’or, l’argent les poissons de mer salés, les fromages… Et dans cet univers sans billets de banque, un corps de métier était prépondérant : les changeurs de monnaie.
Valérie ALANIÈCE

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